Peurs, phobies et anxiété

By November 2, 2016Général

Comment les animaux démontrent-ils leur peur?

La peur est une réaction physiologique, comportementale et émotionnelle aux stimuli. La réaction physiologique à une peur peut faire augmenter la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire (haleter), suer, trembler, rôder et peut aussi faire uriner ou déféquer. Au point de vue comportemental, l’animal craintif peut prendre des postures de protection comme abaisser le corps et la tête, placer les oreilles plus près de la tête, avoir les yeux élargis et la queue repliée sous le corps.

Si l’animal perçoit une menace, sa réponse peut être une agression défensive. S’il se bat ou s’il fuit dépend de sa prédisposition génétique, son expérience (ce qu’il a appris dans des situations similaires dans le passé) et l’environnement dans lequel il vit (voir plus bas). La réaction émotionnelle chez les animaux peut être difficile à évaluer parce qu’ils sont non verbaux. Cependant, en observant leurs postures et leur expression faciale, il est possible de conclure que l’animal a peur. D’autre part, ils peuvent modifier leurs réponses comportementales si le stimulus  pratiqué à plusieurs reprises a réussi à calmer leur agressivité ou si la fuite a déjà porté fruit. Alors, l’animal  que vous voyez présentement n’est plus le même que lorsque le problème a commencé.

 

La crainte est-elle toujours une réponse anormale chez les animaux?

Dans de nombreuses situations, il est “acceptable et compréhensible” pour un animal d’avoir peur. Cependant, il y a des moments lorsque les animaux démontrent  une peur dans des circonstances considérées dangereuses pour l’humain. Lorsque les animaux sont effrayés, ils peuvent devenir agressifs (bagarre) partir (fuite) ou figer (gel). La réaction d’un animal de compagnie  dépend de sa personnalité, le genre de stimulus, l’expérience antérieure avec le stimulus, si l’animal est chez lui  (où il est plus probable de se battre), s’il est coincé en présence d’enfants ou de membres de la famille (où il est plus susceptible de se battre), ou s’il est acculé ou bloqué et incapable d’échapper (où il est probable de se battre).

 

“Qu’un animal se batte ou fuit lorsqu’il a peur dépend de sa prédisposition génétique, son expérience antérieure et l’environnement dans lequel il vit”.

 

Qu’est-ce qu’une phobie?

La phobie est la réponse à une situation que l’animal perçoit comme incitant à la peur. La réaction au stimulus est hors de proportion et injustifiée. Les bruits et les lieux sont des phobies courantes chez les animaux et leurs réactions phobiques ont des effets physiologiques, comportementaux  et émotionnels semblables à la crainte mais ces peurs  sont extrêmement exagérées.

 

Qu’est-ce que l’anxiété?

La définition de l’anxiété chez l’humain est l’inquiétude d’un danger imminent ou d’une menace. Il semble que les animaux peuvent présenter ce genre diffus d’anxiété souvent considéré comme comportement anxieux généralisé que ce soit dans des situations particulières (hôpital vétérinaire, nouveaux endroits), ou d’une manière non spécifique (tout ce qui est hors de routine ou d’environnement. L’anxiété se manifeste par certains des mêmes signes physiologiques que la peur mais peut également se manifester par un comportement redirigé, un comportement destructeur ou une  vocalisation excessive et pourrait devenir compulsive au fil du temps.

 

Quels types de stimuli peuvent déclencher les craintes, les phobies ou  l’anxiété?

Les déclencheurs de ces comportements sont aussi variés qu’il y a d’espèces de chiens et de chats. Les animaux peuvent craindre des personnes, d’autres animaux, des lieux ou des choses. Certains réagissent par la peur ou la phobie dans une situation particulière seulement comme un orage électrique.

 

Qu’est-ce qui causent la peur, les phobies et l’anxiété?

Parfois la peur est le résultat d’une expérience antérieure désagréable ou perçue comme telle par l’animal. Si la crainte a réussi à chasser ou à échapper au stimulus et  le comportement a été récompensé, il est donc susceptible de se répéter. Les propriétaires qui  essaient d’arrêter le comportement en donnant des régals ou de l’affection n’aident pas à calmer l’animal ou à  diminuer sa peur et son anxiété. Dans certaines circonstances, l’animal peut percevoir vos actions comme un renforcement à son comportement du moment. En outre, il convient de noter que le châtiment, en étroite association avec l’exposition à un excitant, pourrait en plus provoquer la peur et l’anxiété envers le stimulus. Si le propriétaire est frustré ou anxieux, ou si le stimulus est devenu menaçant, ces sensations peuvent aussi aggraver la peur chez l’animal et la justifier. Enfin, si le stimulus disparait ou est retiré au cours d’une altercation agressive, le comportement agressif aura été renforcé.

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir une expérience  désagréable pour qu’une peur s’installe. Tous les stimuli (personnes, lieux, visions, sons) auxquels un chien ou un chat n’a pas été exposé au cours de sa période critique de développement, ce qui est 3 mois pour un chien et 2 mois pour un chat, peuvent devenir des stimuli évoquant la peur. Par exemple, lorsque le chien ou le chat  est exposé à des adultes et non à des enfants au cours de son développement, ils peuvent devenir craintifs lors de la première exposition aux images, sons et odeurs de jeunes enfants. Finalement, la génétique de l’animal  contribue aussi au degré de peur et de phobie aux stimuli.

 

“Les déclencheurs pour ces comportements sont aussi variés qu’il y a d’espèces de chiens et de chats”

 

Des réactions phobiques peuvent se produire lors d’une seule exposition ou augmenter progressivement  avec une exposition continue. Dans de nombreux cas d’anxiété, la fonction et le niveau du neurotransmetteur (matière chimique du cerveau) peuvent être modifiés et contribuer au comportement global. A nouveau, l’apprentissage ou les conséquences qui suivent la réaction phobique (récompense, fuite, punition) peuvent aggraver le problème.

La maladie, la douleur ou les effets du vieillissement peuvent conduire à une augmentation de la peur ou de l’anxiété dans des situations où il n’y avait peu ou pas de problème  auparavant. Ces changements peuvent modifier la façon dont un animal perçoit et répond à un stimulus. Les changements dans le cerveau qui sont liés à l’âge (déclin cognitif), au système sensoriel (audition, vue), l’arthrite, les maladies qui affectent le système hormonal, tels une augmentation ou une diminution dans les hormones thyroïdiennes, une glande pituitaire hyperactive (Cushing’s), la dégénérescence  d’organes (foie, reins) ne sont que quelques exemples des problèmes de santé  liés à l’âge et qui pourraient contribuer à augmenter la peur et l’anxiété. Un examen complet et des tests de diagnostic, si nécessaire, sont conseillés pour tout animal de compagnie qui souffre de peur et d’anxiété mais surtout pour ceux qui ont des signes intenses et généralisés ou d’autres signes concomitants qui n’ont pas  été soulevés jusqu’à l’âge adulte et plus tard

 

Est-il possible de prévenir la peur, les phobies et l’anxiété?

Un bon programme de socialisation et d’exposition à de nouvelles choses ou situations, alors que l’animal est jeune, peut aider à prévenir les peurs et les phobies. Cependant, il y a un apprentissage  appelé “un essai”  où l’événement est si traumatisant qu’il peut créer des peurs, des phobies ou de l’anxiété.

La réaction des propriétaires est importante lorsque leur animal est présenté à une nouvelle situation qui pourrait s’avérer effrayante. Une assurance calme, une intonation joyeuse et une posture détendue, de la part du propriétaire, aident l’animal à vivre de nouvelles situations sans crainte. Apporter des gâteries et des jouets et les donner à l’animal lorsqu’il entre dans un nouvel environnement (clinique vétérinaire, cour d’école) ou lorsqu’il rencontre de nouvelles personnes ou d’autres animaux domestiques, peut vous aider à transformer la nouvelle situation en une expérience positive. Cependant, si l’animal est toujours nerveux, il serait mieux de le retirer de cette situation. A l’inverse si vous montrez de l’anxiété, de l’appréhension ou de la frustration, ou si vous essayez de le punir pour arrêter son comportement indésirable, vous le rendrez probablement plus anxieux. Bien connaitre votre animal de compagnie et son tempérament individuel vous aidera, vous, à déterminer à quelles situations vous pouvez et devez l’exposer. Il y a un apprentissage appelé “un essai” où l’événement est si traumatisant qu’il peut créer des peurs, des phobies ou de l’anxiété.

 

Comment ces problèmes de peurs et de phobies peuvent-ils être traités?

Chaque fois que votre animal est exposé à une situation induite d’anxiété, de peur ou de phobie et qu’il est incapable de se calmer, le problème risque de s’aggraver. Trouver un moyen de le contrôler, le détendre, le calmer ou de le distraire en présence d’un stimulus est nécessaire pour corriger le problème et lui apprendre qu’il n’y a rien à craindre. Cela suppose habituellement d’enseigner à votre animal, lorsqu’il est calme, une nouvelle façon de réagir mais sans la présence du stimulus de peur. La peur et l’anxiété d’un animal de compagnie diminue lorsque son maître est calme et en contrôle. Dans la plupart des cas de peur, on utilise les techniques de modification du comportement où l’animal est exposé à de bas niveaux de stimuli et récompensé pour sa réaction calme et non craintive. Pour des niveaux de peur et d’anxiété modérés, surtout lorsque l’animal est exposé à de nouveaux stimuli, de nombreux animaux vont se calmer au cours d’une exposition continue en autant que rien ne vient aggraver la peur. Par conséquent, ce qui renforcit le comportement de peur (récompense ou retrait du stimulus) ou aggrave la peur (punition) doivent être identifiés et retirés. L’exposition à des stimuli qui ont une conséquence désagréable ou négative (un chien agressif, un enfant qui tire la queue du chien) servent aussi à instiller plus de peur. Une thérapie médicamenteuse peut être un complément utile aux techniques de thérapies comportementales et peut être nécessaire dans le traitement de certaines phobies.

 

This client information sheet is based on material written by: Debra Horwitz, DVM, DACVB & Gary Landsberg, DVM, DACVB, DECAWBM

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